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Puente de Amistad

Indépendance financière et entrepreneuriat
Lutte contre les violences
Accès à la santé
Education / Sciences
La Paz, Bolivie
Février 2023
Que fait Puente de Amistad?
Puente de Amistad est une organisation qui soutient les femmes guatémaltèques en situation de pauvreté, principalement issues des communautés rurales et indigènes. À travers son programme Microcrédit Plus, elle combine microfinance, éducation et prévention santé pour permettre aux femmes de créer ou développer leur activité, d'améliorer leur santé et de renforcer leurs droits. En donnant accès à des outils financiers, à des formations et à un accompagnement humain, Puente de Amistad aide plus de 22 000 femmes à devenir économiquement autonomes, améliorer leur qualité de vie et transformer durablement leur communauté.

Decouvrir le Guatemala et ses enjeux autour des femmes 

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La carte d'identité du Guatemala

Géographie

  • Superficie : 108 888 km² — soit environ un cinquième de la France (1)

  • Densité : 125,6 habitants/km² — densément peuplé en comparaison des pays voisins (1)

  • Capitale : Guatemala Ciudad 

Démographie

  • Population : 18,12 millions d’habitants (2023) (1)

  • Espérance de vie : environ 74 ans (hommes et femmes confondus) (2)

  • Un enfant de moins de 5 ans sur deux souffre de malnutrition chronique — un des taux les plus élevés au monde (3)

  • Environ 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, un chiffre qui atteint 79 % dans les communautés indigènes (4).

Économie

  • PIB (2023) : 104,5 milliards USD (1)

  • PIB/habitant (2023) : 5 762,82 USD (1)

  • Le pays porte encore les stigmates d’une guerre civile de 36 ans (1960–1996), avec des impacts durables sur le développement économique et institutionnel (5)

Enjeux Femmes et Filles

Au Guatemala, les femmes et les filles évoluent dans un contexte profondément inégalitaire, marqué par une culture patriarcale ancrée et une banalisation des violences sexistes. Chaque jour, deux femmes sont assassinées simplement parce qu'elles sont des femmes (6) — des féminicides souvent impunis, qui traduisent une violence systémique et un déficit criant de justice. Dès l’enfance, les filles subissent marginalisation, discriminations et limitations dans l’accès à leurs droits fondamentaux, notamment en matière d’éducation, de santé et d’autonomie économique (6).

Dans ce contexte, investir dans les femmes ne relève pas seulement de la justice sociale, mais d’une stratégie de développement durable. Bien que les femmes accomplissent deux tiers des heures de travail dans le monde, elles ne perçoivent que 10 % des revenus mondiaux. Pourtant, elles réinvestissent jusqu’à 90 % de leurs revenus dans leurs familles et leurs communautés, agissant ainsi comme puissantes moteurs de changement (7). Soutenir leur autonomisation économique, leur sécurité, leur éducation et leur leadership, comme le fait Puente de Amistad, permet de construire un avenir plus équitable pour tous et toutes.

Puente de Amistad a choisi d’agir au Guatemala car ce pays fait face à des défis sociaux profonds.

 

Près de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et la situation est encore plus critique dans les régions indigènes, où elle dépasse les 79 %. En outre, un enfant sur deux souffre de malnutrition chronique, et les femmes sont particulièrement vulnérables : plus de 60 % d’entre elles sont analphabètes. L’héritage d’une guerre civile de 36 ans a laissé des cicatrices durables sur le plan économique et institutionnel.


Dans ce contexte, investir dans les femmes est une stratégie puissante. Les études montrent que les femmes réinjectent jusqu’à 90 % de leurs revenus dans leurs familles et leurs communautés. Pourtant, elles ne reçoivent que 10 % des revenus mondiaux malgré qu’elles effectuent deux tiers des heures travaillées. En agissant auprès d’elles, Puente de Amistad contribue à un développement plus juste, efficace et pérenne.

Opportunités durables pour les femmes guatémaltèques

 Microcrédit Plus

L’objectif principal de Puente de Amistad est de créer des opportunités économiques durables pour les femmes vivant en situation de grande précarité, souvent exclues des circuits traditionnels de financement et d’éducation. En mettant l'accent sur l'inclusion économique, sociale et sanitaire, l'organisation vise à améliorer les conditions de vie de ces femmes et de leur entourage, à travers la promotion de leurs droits, l'accès à une éducation adaptée, et une autonomie renforcée. Chaque femme accompagnée devient actrice de son avenir et contribue à faire progresser sa communauté.

Le modèle Microcrédit Plus repose sur un accompagnement holistique, pensé pour s’adapter aux réalités des femmes bénéficiaires.

Il commence par l’octroi de prêts spécialement conçus pour soutenir ou lancer des microentreprises locales, souvent dans des secteurs tels que l’artisanat, l’agriculture ou l’élevage.

À cela s’ajoute un volet éducatif essentiel, avec des formations régulières sur la gestion financière, le développement d’activités, la santé, la prévention des maladies, et la connaissance des droits.

Enfin, un accompagnement en santé préventive complète le tout, avec des dépistages réguliers, des visites à domicile et un soutien psychologique.

Ce modèle intégré permet aux femmes d'acquérir des compétences durables pour transformer leur vie de manière autonome et responsable.​

Santos & Consuela : le droit d’être heureuses

La semaine dernière, Marta nous a reçus chez elle où elle invite chaque mois son groupe de co-emprunteuses pour une réunion avec Puente de Amistad. Chaque mois, elles se réunissent pour rembourser une petite partie du crédit commun mais surtout pour assister à une formation de groupe.

 

Cette fois-ci, Santos, Consuela, Marta, Alejandra et Hilda sont sensibilisées à un sujet qu’elles ne connaissent que trop : les violences conjugales.

Le responsable de Puente de Amistad leur présente le violentomètre afin que chacune puisse identifier les différents niveaux de violence et surtout détecter les premiers signaux. En parler, communiquer, ne pas s’isoler, ne pas considérer que c’est normal. Chacune partage son expérience et le groupe prend des notes.

Malgré ce sujet lourd et délicat, fourire général engendré par Consuela. L’exercice consistant à répéter “j’ai le droit d’être heureuse, j’ai le droit d’être respectée, j’ai le droit d’avoir une vie digne » face à un petit miroir a été le déclencheur. La bonne humeur incarnée. Toutes sont heureuses de se retrouver le temps d’une heure juste pour elles.


La force qui se dégage de ces réunions de femmes est indescriptible, un combat soudé face à la vie pour continuer d’avancer ensemble.

Par pudeur, je ne partage pas de photo de Hilda qui fait également partie du groupe mais est marquée par le décès brutal de sa sœur lors de son accouchement. Sa sœur appartenait au groupe. C’est la première fois que Hilda revient sans elle. Puente de Amistad va mettre en place un soutien psychologique pour l’aider à se remettre de ce drame. Je la surprends à rire aux blagues incessantes de Consuela, cela fait plaisir à voir
 

Doña Marcela - L’entrepreneuse de Patzún

Santos est la doyenne du groupe des cinq. Pince sans rire, elle essaie tant bien que mal de garder son sérieux. Rictus, grimaces, elle ne parvient pas à éteindre la lueur rieuse dans ses yeux bleus.
Elle a entrepris en tant qu’experte artisane et est cliente de Puente de Amistad depuis une vingtaine d’années. Son groupe c’est ce qui l’anime.
Timide au démarrage de la session, c’est finalement elle qui viendra me parler à la fin de la séance et qui acceptera de poser face à la caméra.

Doña Marcela - L’entrepreneuse de Patzún

Grâce au développement de son business, elle a fait construire deux maisons où elle vit avec sa famille.

 

Investir oui, mais petit à petit « pour ne pas se surendetter ». « S’aimer soi-même c’est le principal, qui peut le faire mieux que nous ».

Aujourd’hui Doña Marcela nous reçoit chez elle. Elle a reçu ses résultats de dépistage du cancer du sein : ils sont enfin négatifs. Cela fait 3 ans qu’elle se bat contre la maladie.

 

« Heureusement que Puente de Amistad nous pousse à nous faire dépister chaque année. On ne prend pas le temps de le faire sinon. Les infirmières viennent jusque chez nous. Dans mon cas, Puente de Amistad m’a guidée tout le long des examens complémentaires et de mon traitement. En plus du soutien psychologique, ils ont pris en charge l’ensemble des frais. »
« C’était la première que j’allais à l’hôpital, heureusement que mes enfants et Puente ont insisté et m’ont accompagnée. Finalement la seule chose que je devais faire c’était prendre le temps nécessaire. Sinon je ne serais plus là. J’étais déjà à un stade 2.»

« Je me bats pour que mes amies et ma famille se fassent dépister elles aussi. C’est juste prendre ce petit temps pour soi. »
 

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Doña María Paula - Un sourire qui n’a d’égal que son courage

Nous arrivons chez Maria Paula, elle rit et nous présente sa maison et sa fabrique de bijoux. Elle est ravie de nous montrer ce qu’elle réalise chaque jour. Aujourd’hui Maria Paula est en mesure d’exporter ses bijoux et surtout d’employer 25 personnes. Ses 6 enfants ont étudié grâce à son travail. Et pourtant ce n’était pas gagné.


Son mari l’a quittée du jour au lendemain et elle a dû faire face pour élever ses enfants. Elle les a tous formés (5 garçons et 1 fille) à l’élaboration de bijoux en céramique ou en perles. Peu importe le genre pour María Paula. L’éducation doit être la même pour tous.​ Pour ce qu’elle présente être des motifs de fiabilité, elle n’emploie que des femmes célibataires ou veuves : « sinon elles travaillent dur, empruntent, investissent et au final l’argent c’est le mari qui le garde. »

Elle rayonne quand elle nous explique avoir rejoint le programme d’artisanat de Puente de Amistad en 2019 et avoir remporté le grand prix « avant ce programme je n’avais aucun matériel, je n’avais pas ce terrain, je n’avais rien». « Pourtant quand on m’a proposé de rejoindre ce programme et de me former je me suis dit que j’allais perdre mon temps.


Mais ça a été tout l’inverse! (elle éclate de rire)». María Paula sait désormais comment définir le juste prix de ses bijoux, élaborer un business plan, quelles sont les normes à respecter pour répondre aux critères de commandes exigeantes y compris à l’étranger « ce n’est pas facile au début mais ça en vaut la peine! ». En échange du respect de ces critères, Puente de Amistad se charge de lui trouver des clients et des commandes. Son chiffre d’affaires ne cesse de croître et elle peut ainsi continuer de créer des emplois.


« Je veux continuer d’avancer avec Puente de Amistad jusqu’à ce que je ne sois plus là où qu’ils ne veulent plus de moi. »
 

Impact

À ce jour, plus de 22 000 femmes bénéficient du programme Microcrédit Plus, avec un taux de remboursement qui dépasse les 98 %, preuve de l’efficacité et de la pertinence du modèle. Grâce à l’éducation, ces femmes acquièrent des compétences clés pour gérer leur entreprise, améliorer leur santé et défendre leurs droits. Le programme contribue à briser les cycles de pauvreté en favorisant l’émergence de femmes leaders, indépendantes, et solidaires, capables de transformer leur vie et celle de leur communauté de façon durable.

Sources

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(1) Guatemala - Data Commons. (s. d.). https://datacommons.org/place/country/GTM?hl=fr
 

(2) Statista. (2023, août 23). Espérance de vie au Guatemala 2007-2017. https://fr.statista.com/statistiques/698206/esperance-de-vie-guatemala/#:~:text=L'augmentation%20de%20l'esp%C3%A9rance,vie%20d'environ%2074%20ans.
 

(3) N°21/ La malnutrition des enfants au Guatemala : (. . .). (s. d.). https://www.chaireunesco-adm.com/No21-La-malnutrition-des-enfants-au-Guatemala-facteurs-aggravants-et-leviers
 

(4) Major Prépa. (2024, 29 octobre). Guatemala : un nouvel espoir face à la corruption et à la pauvreté ? - Major Prépa. https://major-prepa.com/espagnol/guatemala-nouvel-espoir-face-corruption-pauvrete/
 

(5) Moy, T. (2017, 27 février). Le Guatemala n’oubliera pas la fin de la guerre civile de 1960-1996. Perspective Monde. https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/2322
 

(6) Care. (2022, 24 mars). Au Guatemala, les femmes se battent contre les féminicides et les discriminations - Care. https://www.carefrance.org/actualites/femmes-luttent-contre-feminicides-discriminations-guatemala/
 

(7) France, C. O. F. (2024, 11 mars). Pourquoi l’autonomisation économique des femmes profite à l’ensemble des sociétés ? — ONU Femmes France. ONU Femmes France. https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/pourquoi-lautonomisation-economique-des-femmes-profite-a-lensemble-des-societes-#:~:text=De%20plus%2C%20lorsque%20les%20femmes,et%20du%20d%C3%A9veloppement%20%C3%A9conomique%20g%C3%A9n%C3%A9r%C3%A9.

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